La Chapelle des Pénitents noirs
de la Miséricorde
La chapelle des Pénitents noirs de la Miséricorde est la seule d’Avignon à offrir une idée des splendeurs qui faisaient la renommée des confréries, les autres ayant soit disparu, soit été vidées de toute œuvre d’art.
La confrérie des Pénitents noirs, propriétaire de la chapelle Notre Dame de Fenouillet depuis 1591, l’agrandit par une sacristie en 1620 puis une anti-chapelle en 1631. Dédiée à saint Jean Baptiste, elle fut embellie tout au long du XVIIème siècle par des tableaux dus aux plus renommés peintres d’Avignon de l’époque. Quand les confrères ajoutèrent à leurs œuvres auprès des condamnés, la gestion de l’Hospice des Insensés, devant la vétusté de la chapelle le chirurgien Louis-François Manne, recteur de la confrérie, demanda à Thomas Lainée de prévoir la réfection du plafond de la nef, la pose de boiseries et la reconstruction de la façade. Mais l’architecte mourut brusquement en janvier 1739 et c’est Jean Baptiste Franque qui prit la suite des travaux.
L’ensemble a été classé aux Monuments historiques en 1906.
Architecture extérieure
La façade en pierre de Tavel présente une superposition d’ordres corinthien et attique. Sur le bossage continu du rez-de-chaussée se détachent les colonnes et les pilastres supportant l’entablement qui marque la séparation avec le niveau supérieur et délimitent trois travées. La travée centrale est percée d’un grand portail en plein cintre surmonté d’une immense gloire ornée de la Décollation de Saint Jean-Baptiste portée par deux chérubins. Un fronton incurvé couronne le relief. Les travées latérales surmontées de pots-à-feux sont percées de baies superposées – rectangulaires et plein cintre – agrémentées, les unes d’angelots et de guirlandes, les autres d’agrafes simples.
Les plans de la façade ont été dressés par Thomas Lainée, architecte parisien installé à Avignon en 1714 et membre de la confrérie, qui décède quelques jours après avoir passé le prix-fait. Le chantier est confié alors à Jean-Baptiste Franque. La place dégageant l’édifice a été aménagée en 1754.



Architecture intérieure, décor et œuvres d’art
Les Pénitents noirs de la Miséricorde s’installent dans la chapelle Notre-Dame de Fenouillet (XIIIe siècle) qu’ils agrandissent en 1620 (anti-chapelle) et en 1631 (sacristie). En 1649, Nicolas Mignard peint une Crucifixion pour le nouveau retable du maître-autel commandé à Michel Péru et Barthélémy Blachière. En 1659, la chapelle s’enrichit du célèbre Christ d’ivoire de Jean Guillermain, aujourd’hui au musée Calvet. Mais c’est en 1739, sous l’impulsion de François Manne, recteur de la confrérie, que l’édifice est l’objet de transformations qui lui confèrent un aspect définitif.
Ces travaux d’embellissement concernent l’(aménagement intérieur de al chapelle, toujours sur les dessins de Thomas Lainée.
L'anti-chapelle
Des pilastres composites, rehaussés de marbre noir, divisent l’espace en panneaux ornés de marbre rose ou enserrant des toiles peintes : Saint Sébastien d’Horace Riminaldi (début XVIIe siècle), la Sainte Famille et Saint Guillaume d’Aquitaine (1662) de Raynaud Levieux. L’enseble décoratif est sommé d’une balustrade feinte. Au plafond, cartouche en camaïeux bleus figuranht des personnages vêtus à l’italienne et, dans la partie centrale, des angelots (Jean-Baptiste Lauze) . Autels de marbre polychrome, des frères Mazzetti (XVIIIe siècle). Disposés de part et d’autre de la porte ouvrant sur la chapelle. À l’imposte, symbole de la confrérie.




La chapelle
Même ordonnancement que dans l’anti-chapelle avec les pilastres divisant l’espace, encadrant des tableaux et surmontés d’une balustrade peinte en trompe-l’œil interrompue par des oculi. Divers motifs décoratifs de bois doré (feuillages, draperies, tête d’angelots) courent autour de la nef.
1. Sur la paroi gauche :
Se succèdent : Saint Jean-Baptiste (Raynaud Levieux, 1682), Saint Jean-Baptiste prêchant (XIXe siècle), La Déploration du Christ (Jacques-Antoine Delettre, XVIIIe siècle), Sain Antoine prêchant aux idolâtres (Baptiste Ferret, fin XVIIe siècle), un Ecce Homo (Pierre Parrocel, XVIIIe siècle), Le Baptême du Christ (XIXe siècle).
2. Dans le chœur :
Un grand retable, couronné d’un fronton brisé à rouleaux supportant deux anges, enchâsse une Crucifixion surmontée d’une Décollation de Jean-Baptiste, de Nicolas Mignard (XVIIe siècle). La Visitation (N. Mignard, 1648). Plusieurs œuvres de Pierre Parrocel : Saint Sébastien et Saint Rochaux pieds de la Vierge ; la Sainte Famille ; l’Ascension (XVIIIe siècle).
3. Sur la paroi droite :
On reconnaît l’Ange apparaissant à Zacharie (Pierre Raspay, début XIXe siècle), le Baiser de Judas (Pierre Courtois, 1640), Saint Antoine de Padoue priant devant le cadavre d’un enfant (P. Parrocel), l’Assomption (Nicolas Mignard, 1663), Saint Jean-Baptiste en prison et le Baptême du Christ (Raynaud Levieux, 1693).
4. Au-dessus de la porte de l’anti-chapelle :
Au centre, Hérodiade présentant le chef de Saint Jean-Baptiste (XVIIe siècle) avec de part et d’autre, Saint Pierre repentant et Saint Madeleine de Pierre Mignard (fin XVIIe – début XVIIIe siècle).
5. Le plafond :
Il est souligné par un décor de stuc reliant des camaïeux dorés évoquant les attributs de la religion et, à l’aplomb de l’abside, la colombe du Saint Esprit dans une gloire. Au centre, l’Apothéose de Saint Jean-Baptiste (Pierre Courtois, XVIIe siècle). Le sol est pavé de marbres bicolores.
La sacristie
La sacristie décline la même élégance avec plus de sobriété : murs habillés de boiseries en noyer sculpté souligné de filets dorés. Lavabo de marbre polychrome (frères Mazzetti, XVIIIe siècle) dans l’embrasure de la fenêtre. Grande plaque dédicatoire à François Manne, bienfaiteur de la chapelle, toujours en place. Ne se visite pas.